Le deuil pendant la grossesse

Pour un enfant qui nait il y a souvent quelqu’un qui nous laisse, c’est le cycle de la vie.
C’est un dicton de grand-mère, mais toute femme enceinte espère que ce ne soit pas son cas. Et bien, pour moi malhereusement il l’a été. D’ailleurs, quand bébé Koala a été conçu il avait : 4 arrières-grandes-mères, 1 arrière-grand-père, 3 grand-pères et 3 grand-mères (ah les joies des familles recomposées!), mais quand il est enfin arrivé il lui restait seulement  2 grand-pères et aucun arrière-grand-père.
Le grand-père qui est parti trop tot , à seulement 60 ans, c’était mon papa, decedé à la suite d’un cancer du colon particulièrement agressif et découvert un tout petit trop tard, mais ça c’est la faute à mon père qui ne voulait jamais aller chez le médecin.
Bref, au moins il a su que j’étais enceinte et qu’il allait avoir un petit-enfant. Un garçon, le premier de la famille depuis sa naissance. Et il a pu profiter quand même de deux échos, dont celle morphologique en 3D. Disons qu’il a vu le visage de bébé Koala, même s’il a un peu changé depuis.
Donc je disais, mon père est decedé en Italie en avril, 15 jours après que j’aille le voir et la dernière semaine qu’on a passé ensemble c’était à l’hôpital. Si je pense que mon chef ne voulait pas que je prenne ces dix jours de congé… je ne regretterais jamais mon insistance, même si au final elle m’a un peu couté une éventuelle embauche en CDI à la fin du congé maternité, mais peut être que l’arrêt maladie suivant le déces de mon père n’a pas aidé non plus.
Mais comment on gère une si grande tristesse pendant la grossesse? Et oui, parce que mon père et moi nous n’étions pas très proches quand j’étais gamine, mais nous le sommes devenus à partir de mes 20 ans quand on a « découvert » que nous partageons les mêmes centres d’intérêt. Sauf le foot, mais ça c’est sa faute, il m’a traumatisé la première fois qu’il m’a emmené au stade à 6 ans.
Je m’égare. Je disais, comment gérer la tristesse? Finalement je l’ai géré sans la gérer. Grace au fait que j’habite hyper loin et que donc, le quotidien sans mon père était déjà une habitude, une évidence même. Et puis en parlant de lui souvent, comme s’il était toujours là avec moi, même si ce n’était pas facile. Et en donnant son prénom comme deuxième à mon fils. Et celui du père de papa Koala en troisième sinon c’était trop triste. Une nuance un peu bête, mais très importante.

Ciao papà.