Samedi en musique #72

La locomotiva (Radici – 1972) est une des chansons les plus connues de Francesco Guccini. Pendant presque 40 ans, il l’a chanté à la fin de chacun de ses concerts .
La chanson raconte un fait qui s’est vraiment déroulé: en 1893 le conducteur de train et anarchiste Pietro Rigosi, 28 ans marié et avec deux enfants,  prend la locomotive d’un train de fret et il se dirige vers la gare de Bologna. Les aiguilleurs arrivent à le dévier sur un quai où il va s’écraser contre un train de fret.
Il n’a jamais vraiment expliqué les raisons de son acte, mais au vue de ses idées on pense que c’était un geste de proteste contre les conditions de travail et les injustices sociales. La presse, de son coté, en parla comme du geste d’un fou.

Guccini préfère la première explication et il le transforme en un symbole de la lutte de classe.

Une fois n’est pas coutume, j’ai même la traduction du texte en français (merci au site Antiwarsong.org) :

Je ne sais pas comment il était, ni comment il s’appelait,
De quelle voix il parlait, ou de quelle voix il chantait,
Combien d’années il avait vu à ce temps,
S’il était blond ou s’il était brun,
Mais son image à lui, dans moi elle est gravée,
Un symbole de jeunesse et de beauté,
Un symbole de jeunesse et de beauté,
Un symbole de jeunesse et de beauté.

Mais je sais bien quand ça s’est passé, où il travaillait
Au début de ce siècle, mécanicien de chemin de fer!
Le temps où allait commencer
La guerre sainte des gueux,
Le train aussi semblait un mythe du progrès
S’élançant sur les continents,
S’élançant sur les continents,
S’élançant sur les continents.

Et la locomotive paraissait un monstre si violent,
Que l’homme dominait de sa main et de sa ment,
Elle abattait, en rugissant comme un lion,
Des distances dont on ne voyait pas la fin!
Elle semblait avoir une force maudite,
La force même de la dynamite,
La force même de la dynamite,
La force même de la dynamite!

Une autre grande force allait déployer ses ailes,
C’étaient des mots disant: Tous les hommes ont la même loi,
Et les tyrans, et le rois
Dans les rues sautaient dans l’air!
C’était l’éclat sans cesse de la bombe proletaire,
Le flambeau de l’anarchie!
Le flambeau de l’anarchie!
Le flambeau de l’anarchie!

Tous les jours un train passait par la gare où il travaillait,
Un train de luxe, il ne savait pas où il allait,
Y voyageaient des gens de haut parage,
Il les r’gardait d’un œil bien fou de rage
En pensant aux jour pénibles de ses amis, de ses chers,
En lorgnant ce train plein de millionnaires,
En lorgnant ce train plein de millionnaires,
En lorgnant ce train plein de millionnaires.

Je ne sais pas pourquoi il prit cette décision,
Peut-être, la rage ancienne de générations sans nom
Qui crièrent vengeance
En lui aveuglant le cœur!
Il oublia sa pitié, il oublia sa bonté,
Sa bombe était la machine à vapeur,
Sa bombe était la machine à vapeur,
Sa bombe était la machine à vapeur.

Et la locomotive dormait sur sa voie luisante
Avec ses pulsation, la machine semblait vivante,
Un jeune poulain, v’là ce qu’ell’ semblait,
Après qu’ la bride on lui a laché,
Mordant la raille avec ses muscles d’acier,
Avec la force aveugle d’un éclair,
Avec la force aveugle d’un éclair,
Avec la force aveugle d’un éclair.

Un jour comm’ tous les autres, peut-être avec encore plus de rage,
Il pensait qu’il pouvait venger ce très injuste outrage;
Bien qu’il fût à la peur en proie
Il monta sur le monstre dormant sur la voie;
Mais avant qu’il se rendait compte de ce qu’il avait fait
déjà le monstre la plaine brûlait,
déjà le monstre la plaine brûlait,
déjà le monstre la plaine brûlait.

L’aut’ train courait tranquille, presque sans hâte d’arriver,
Personn’ n’imaginait q’ la vengeance était aux aguets,
Mais à la gare de Bologne
Arrivent des nouvelles alarmantes:
« C’est un cas d’urgence! Faut pas perdre du temps!
Un fou vient d’ s’élancer contre le train!
Un fou vient d’ s’élancer contre le train!
Un fou vient d’ s’élancer contre le train! »

Mais la locomotive court, court sans s’arrêter!
Le siffle de vapeur se répandant dans l’air
Semble qu’il dise aux paysans
Courbés à leur travail sur le champ:
« Mon frère, n’aie crainte! Je cours à mon devoir!
Triomphe la justice proletaire,
Triomphe la justice proletaire,
Triomphe la justice proletaire! »

Et la locomotive court, court plus vite encore,
Et court, court, court, court à la mort,
Et rien ne peut plus retenir
L’immense force destructrice,
Il n’attend que l’éclat et puis le manteau
De la grande Consolatrice,
De la grande Consolatrice,
De la grande Consolatrice.

L’histoire nous raconte la fin de ce voyage:
La machine fut aiguillée sur une voie de garage.
Avec son dernier cri elle érupta
Comme un volcan sa lave elle jeta
Et sauta dans le ciel, on alla le sécourir
Avant qu’il n’ rende son dernier soupir,
Avant qu’il n’ rende son dernier soupir,
Avant qu’il n’ rende son dernier soupir.

Mais nous voulons encor’ penser à lui derrièr’ le moteur
Pendant qu’il fait courir la machine à vapeur!
Encor’, qu’il nous arrive
D’une locomotive
La nouvell’ flamboyante qu’ell’ va quérir sa tombe
Contre toute injustice, comme une bombe,
Contre toute injustice, comme une bombe,
Contre toute injustice, comme une bombe!

 

« Bolognesi! Ricordatevi: Sting è molto bravo, però tenetevi il vostro Guccini. Uno che è riuscito a scrivere 13 strofe su una locomotiva, può scrivere davvero di tutto. » (Giorgio Gaber)

C’était ma participation à Samedi en musique proposé par BBB’s mum sur son blog .

samedienmusiquebbbsmum

 

Bref, #jesoutienslagrèvedescheminots mais aussi toutes les autres.

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2 réflexions sur “Samedi en musique #72

  1. Merci à la fois pour la découverte musicale et pour la leçon d’histoire ! Un vrai bonheur de faire ces découvertes chez toi chaque semaine ! douw we bises Sarah

    • Merci! Comme je ne suis pas très calée en musique recente, j’aime bien profiter du Samedi en musique pour me pencher sur les chansons qui ont fait mon enfance et que j’aime encore maintenant 😀

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